Expérimentations potagères au printemps 2020

Les conseils de jardinage fourmillent dans les livres et sur internet. Il n’est pas rare que ceux-ci soient recopiés sans être vérifiés (véhiculant ainsi certaines erreurs qui prennent l’apparence de vérités à force d’être répétées) ou que certaines indications soient fantaisistes.

L’expérimentation est donc indispensable, d’autant que des recommandations justes ne sont pas nécessairement transposables à tous les jardins. Enfin, une observation attentive et expérimentations rigoureuses n’auront jamais fini de nous réserver des surprises…

Découvrez les expérimentations de Virginie…


Emplacements sur une butte

Crédit : Meuse Nature Environnement

Sur la butte, une même espèce de légume est plantée à différents endroits. Sur certains, on constate une influence de cette exposition (et de la profondeur de matière organique dans laquelle ils plongent leurs racines?). Tandis que bettes, betteraves et endives semblent indifférentes à leur emplacement, oignons et laitues paraissent plus à l’aise au Nord-Est. A l’inverse, les pommes de terre ont l’air de préférer le Sud-Ouest.


Plant de Cynara cardunculus – Cette dénomination recouvre en fait, en fonction des auteurs, trois espèces différentes (l’Artichaut, le Cardon cultivé et le Cardon sauvage)
Crédit : Elena Petri – CC BY-SA 3.0

Rempotage/Repiquage des Cardons

Au moment de transplanter les cardons, deux n’ont pas connu la même destination que les autres. Bien que n’étant pas spécialement les plus beaux au moment de la transplantation, celui rempoté dans un contenant au volume environ 5 fois supérieur (pot rond de diamètre 15 cm) et celui repiqué en pleine terre se portent mieux.


Arrosage des fraisiers avec de l’urine

Nous avions présenté dans l’Echologie de février 2018 un ouvrage sur l’urine au jardin (à retrouver ici). Voici une expérimentation conduite cette année apportant quelques éléments supplémentaires.

Les fraisiers de mon jardin appartiennent à différentes variétés qui ont été mélangées entre elles à l’implantation. Ils sont paillés et j’ai disposé des tuiles à leur pied pour marquer la bordure et favoriser le réchauffement du sol au printemps. On les a divisées en deux lots pour lesquels on a fait varier les modalités d’arrosage entre début avril et début mai :

  • les premiers reçoivent 1 à 2 fois par semaine 1 litre d’urine dilué dans 19 L d’eau mais une heure d’ensoleillement en moins par jour.
  • les seconds sont arrosés avec 20 L d’eau, à la même fréquence.

Au bout d’un mois d’arrosage différencié :

Fleurs de Fraisier cultivé
Fragaria x ananassa

Crédit : Alpsdake – CC BY-SA 3.0
  • ceux arrosés avec ajout d’urine présentaient un feuillage assez élevé, plus dense et d’un vert plus foncé. Ils ont fleuri pendant plus longtemps et on a compté en moyenne 18 fleurs par pied.
  • ceux arrosés à l’eau pure avaient un feuillage plus élevé et moins dense, les premières fraises s’y sont formées avec une semaine d’avance. On a dénombré deux fois moins de fleurs sur ces fraisiers (8,5 en moyenne).

Ces observations mériteraient d’être complétées par d’autres, par exemple dans d’autres sols, avec d’autres conditions météorologiques ou pratiques culturales. Vos retours seront les bienvenus.

Virginie DUVALLET
Virginie DUVALLET

Animatrice Nature chargée de mission Transition écologique
Accompagnatrice et animatrice de projets
en lien avec la transition écologique et le développement durable, à destination du grand public, des structures spécialisées et du public jeune. Chargée d’études du patrimoine fruitier et accompagnatice de création de vergers conservatoires.