Communiqué BURESTOP55 / CEDRA 52 / EODRA – 9 décembre 2020

Macron déclare sa flamme au nucléaire « écologique », mais que fait-il des déchets ?

Macron se proclamant champion de l’écologie, champion de la lutte contre le réchauffement climatique et… champion du nucléaire. Toujours plus fort, le triple langage présidentiel ferait sourire si l’enjeu n’était aussi grave.
Les collectifs BURESTOP55, CEDRA52 et EODRA dénoncent
ce passage en force insupportable : embourber toujours plus le pays sur une voie dangereuse et dépassée, d’autant que la question des déchets radioactifs n’est pas réglée.

« Je crois dans l’écologie, je suis pour qu’on soit parmi les champions de la lutte contre le réchauffement climatique. Si on veut être meilleur encore, cela veut dire qu’on doit être meilleur encore sur le nucléaire ». (Brut, vendredi 4 décembre 2020)
« Notre avenir énergétique et écologique passe par le nucléaire » (AFP, 8/12 2020)

Les milliers de tonnes de déchets radioactifs ingérables : qu’en faites-vous M. Macron ?

Engager un nouveau programme électro-nucléaire -civil et militaire !- en faisant l’impasse sur une problématique majeure et non réglée, celle du devenir des déchets relève de l’escroquerie. Pourquoi un tel silence -coupable- du côté de la ministre de la Transition écologique et de nombreux élus régionaux et nationaux ?

Extraction du combustible, fonctionnement des réacteurs, opération de retraitement (fabrication du combustible mox), démantèlement des centrales, ces étapes génèrent :
– des milliers de m3 de déchets à faible activité et vie courte (TFA et FAC) qui sillonnent chaque jour la France pour rejoindre des centres d’entreposage en limite de saturation et qui soulèvent des questions côté rejets,
– des milliers de m3 de déchets à faible activité et à vie longue (FAVL) en attente de lieu de stockage (dossier d’options de sûreté du projet attendu pour 2023),
– des milliers de m3 de déchets dits de haute et moyenne activité à vie longue (HA-MA VL) destinés au stockage géologique à Bure, le dossier d’options de sûreté du projet Cigéo de 2018 ayant pourtant révélé des incertitudes technologiques et financières majeures…

Quid du bilan « décarboné » du projet d’enfouissement des déchets radioactifs Cigéo, qui nécessiterait des milliers de tonnes de béton* et serait un gouffre énergétique sans équivalent à ce jour, tant pour sa construction que pour son exploitation ?

Ils sont où, M. Macron, les milliards nécessaires à démanteler les centrales nucléaires, à parsemer la France de dépotoirs atomiques, à lancer le méga-chantier de Cigéo et à payer 6 nouveaux réacteurs EPR, si ce n’est dans notre poche à tous mais aussi dans celle de nos enfants et de dizaines de générations à venir ?

Jouer le VRP d’une filière industrielle en quasi faillite et en perte d’activité dans le reste du monde du nucléaire, est-ce le rôle du pouvoir exécutif ? Faire du nucléaire une énergie propre, décarbonée et indispensable est un mensonge éhonté, au service de qui ? La farce du nucléaire « écolo » est le cheval de Troie d’intérêts financiers discutables, qui malheureusement gouvernent dans l’ombre ce pays.

Encore une fois l’avis de la population, pourtant de plus en plus consciente des dangers du nucléaire et du défi que représente le changement de cap énergétique et sociétal, ne compte pas. Tout comme celui des meusiens et haut-marnais dont le territoire pourrait bien être condamné à jamais lourdement en se voyant imposer Cigéo, projet explosif et infinançable.

Le legs pour les générations à venir est effroyable, tant environnemental que financier. Pouvons-nous laisser faire cela ?

* CHIFFRES CLES ANDRA :

Le volume global de béton nécessaire sur toute la durée de vie de Cigéo serait de l’ordre de 6 millions de m 3; la quantité totale de ciment consommée serait d’environ 2,25 millions de tonnes; la quantité totale de sable consommée serait de 3,4 millions de tonnes; la quantité totale de gravier consommée serait 4,4 millions, la quantité totale d’acier consommée serait de plus de 200 000 tonnes.

• Sur 2031-2036, les besoins en électricité de Cigéo sont estimés à 724 mégawatts heure en moyenne par jour (soit l’équivalent de la consommation moyenne d’environ 56 000 foyers français de trois personnes sur une journée).
• Sur la période 2102-2146, les besoins en électricité de Cigéo sont estimés à 822 mégawatts heure en moyenne par jour (soit l’équivalent de la consommation moyenne de plus de 63 000 foyers français de 3 personnes sur une journée).